Economie

Filière tomate

Des performances en deçà des attentes

Publié le 26 juin 2012

En dépit des facilités accordées aux intervenants dans la production de la tomate (maraîchère et industrielle), la filière n’a pas encore atteint le niveau de performance escompté. Les moyens matériels sont mis en place, mais la production, dont 50% provient de la wilaya de Biskra, ne répond toujours pas aux besoins nationaux. Les prévisions pour l’année en cours sont de 8,2 millions de quintaux pour la tomate industrielle pour une superficie de 18 200 hectares et de 7,9 millions de quintaux de tomate maraîchère pour sur une superficie de 20.200 ha pour un chiffre d’affaires de 52 milliards DA. Le rendement a augmenté de 30% par rapport à l’année dernière. « Les problèmes sont résolus, notamment en termes de crédit et mesures d’accompagnement, mais il y a beaucoup à faire, d’autant plus que la wilaya de Biskra peut, à elle seule, en termes de capacité de production, satisfaire les besoins nationaux et placer l’Algérie parmi les pays exportateurs de ce produit », a estimé hier le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Rachid Benaïssa, au cours d’une réunion de travail avec les intervenants dans ce secteur dont le président du conseil interprofessionnel de la filière tomate Messaoud Chebah. Il a reconnu la persistance de problèmes techniques et de gestion au niveau des exploitations agricoles, appelant les agriculteurs et transformateurs à coordonner leur travail pour atteindre un rendement performant. Dans cette optique, il a noté que la culture sous serres de la tomate (3.000 ha) donne 100 tonnes par ha alors que 26 tonnes de tomate sont produites par hectare en plein champ. Aussi, a-t-il appelé les agriculteurs à opter pour la culture sous serres. Le président du conseil interprofessionnel a, pour sa part, reconnu que les pouvoirs publics ont accordé aux agriculteurs et transformateurs l’aide et l’assistance nécessaires. « Le temps est actuellement à l’optimisation de l’exploitation de tous les moyens disponibles », a-t-il souligné, plaidant pour la pérennité de la filière. Il a estimé qu’il est temps de rompre avec les méthodes archaïques et l’utilisation irrationnelle de l’eau. Pour lui, il suffit seulement de changer les mentalités des agriculteurs. Côté banques, la Badr a élaboré un programme d’action pour une enveloppe financière de 1,7 milliard DA au profit des transformateurs, notamment ceux dépourvus de moyens financiers. Selon Mohamed Meziani, directeur des finances agricoles, cette première initiative a donné de très bons résultats. Le représentant de la CNMA (Caisse nationale de la mutualité agricole), Kamel Arba, a d’ailleurs fait part de la disponibilité de la Caisse à prendre en charge les préoccupations des agriculteurs et transformateurs en matière d’assurances surtout lorsqu’il s’agit de projet d’envergure et de mécanisation des grandes superficies. Un engagement qui fait encore défaut. En témoignent les 906 contrats signés dans la wilaya de Guelma par les transformateurs contre zéro assurance.

Safia D.


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