Livresque
Ecriture - Nadjat Tibouni, dramaturge
« Je n’ai jamais été censurée »
Publié le 25 juin 2012
La dramaturge et productrice Nadjet Tibouni s’est étalée, sur son parcours dans l’écriture dramaturgique, lors du rendez-vous hebdomadaire, le mardi après-midi, qu’organise l’Office nationale de la culture et de l’information à la salle Atlas. De prime abord, elle a rappelé son parcours et ses influences littéraires. Elle a affirmé qu’elle a beaucoup lu Victor Hugo et Jean-Paul Sartre, Assia Djebbar, Rachid Boudjedra. Ses lectures déteignent d’ailleurs sur son écriture. Son théâtre est symbolique parce que notre société est conservatrice. « Mon théâtre traite en général des conditions de la femme algérienne, et dans ma pièce Nuit de répudiation, que j’ai écrite il y a une dizaine d’années, j’ai soulevé les entraves qui constituent un frein pour l’épanouissement de la femme. J’ai soulevé le problème du code de la famille », a-t-elle affirmé. En outre, la dramaturge a souligné que chaque pièce théâtrale véhicule un message, voire une morale. Nadjat Tibouni se défend d’être artiste. « Je ne suis pas une comédienne. J’aime écrire, parce que l’écriture me libère de toute sorte de contraintes. Jeune, j’écrivais déjà de la poésie », précise-t-elle. Sur un autre plan, elle a estimé que dans notre pays, l’écriture dramaturgique est d’excellente qualité. « C’est vrai que nous avons peu de dramaturges, mais ils sont talentueux et écrivent des pièces d’anthologie du fait que nous avons une tradition théâtrale qui date de plusieurs décennies », a-t-elle argumenté. Et de préciser : « On a un trésor qui n’est malheureusement pas exploité ». Par ailleurs, elle a reconnu que les pouvoirs publics accordent, ces derniers temps, une importance particulière à la culture. La preuve, a-t-elle expliqué, une batterie de mesures a été prise par le ministère de la tutelle pour la protection et la promotion du patrimoine culturel national. Il s’agit, entre autres, de la restauration des sites historiques à travers tout le territoire national ainsi que la collection de tout ce qui se rapporte à la littérature orale. A la question de savoir si les producteurs privés pourront produire des films ou des pièces théâtrales sans appui financiers, elle a soutenu que sans l’aide des pouvoirs publics, ces derniers ne parviendront jamais à le faire. La production exige beaucoup de moyens financiers. Au sujet de la censure, elle a expliqué qu’en tant dramaturge et productrice de pièces théâtrale, elle n’a jamais été censurée. « Nous sommes le seul pays arabe où la production théâtrale n’est pas soumise à une commission de lecture. Depuis que je suis dans le domaine de la production et de l’écriture, je n’ai jamais rencontré de problème de ce genre », a-t-elle argumenté. Notons que le débat a porté essentiellement sur la nécessité de la mise en valeur et de la protection de la culture populaire.
Djamel O.
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