Nation

Le ministre malien des Affaires étrangères à Alger

L’Algérie sollicitée de toute part

Publié le 30 juin 2012

Sadio Lamine Sow est attendu aujourd’hui. Sa visite intervient alors que le Mali s’enfonce dans une crise dont personne ne perçoit encore l’épilogue.

Le Nord, notamment la ville mythique de Tombouctou, est sous l’emprise de groupes extrémistes. Ils cherchent à instaurer une conception rigoriste de l’islam à une population qui a toujours vécu dans la paix et la sérénité sa croyance. La volonté affichée et assumée de détruire les mausolées n’est que la traduction sur le terrain de l’islam wahhabite dont les Algériens ont eu un amer avant-goût. S’en prendre à ces vestiges de la culture islamique « est un acte gratuit qui n’a aucune utilité », pour reprendre les mots du recteur de la Mosquée de Paris. Ces troubles s’accompagnent de cohortes de réfugiés, de viols, de destructions... Plus de 180.000 personnes se sont déjà réfugiées dans les pays voisins du Mali, selon l’organisation internationale de migration. Les visites de diplomates africains se succèdent dans la capitale algérienne pour aider le Mali à rétablir l’ordre sur l’ensemble de son territoire. Le ministre des Affaires étrangères du Burkina Faso, puis l’envoyé spécial d’Alassane Ouattara s’étaient prononcés, tout comme Alger le fait avec insistance, pour un « dialogue politique ». C’est l’option à privilégier pour mettre fin à la crise au Mali, avait expliqué le premier. « L’option militaire » délicate et risquée n’est pas pour autant exclue. Il a cependant ajouté « qu’elle doit absolument s’adapter à l’évolution du processus politique ». L’implication de l’Algérie pour la recherche d’une solution stable et durable est souhaitable par toutes les parties, y compris les grandes puissances. Le dernier responsable à avoir rappelé son statut d’acteur-clé a été le ministre britannique aux Affaires étrangères, chargé des Affaires du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, en visite à Alger la semaine dernière. Les responsables algériens multiplient les contacts avec toutes les parties connaissant bien le conflit opposant les Touareg et le pouvoir central de Bamako qui reste le terreau de la crise. M. Messahel a été clair : « Nous faisons toujours la distinction entre les populations du Nord du Mali et le terrorisme et le crime organisé. Sur ces questions-là, il n’y a pas d’équivoque », a-t-il affirmé. La prudence algérienne semble commandée par l’intrusion des groupes terroristes. Visiblement, l’Algérie veut inscrire son action, comme pour la crise libyenne, dans un cadre régional et multilatéral qui fermerait la voie aux velléités d’intervention extérieure. Elle œuvre avec les pays du champ pour renforcer la coopération contre le terrorisme. Celle-ci s’est traduite déjà par l’élaboration de « mécanismes opérationnels ». La solution qui se dessine doit prendre en compte deux principes fondamentaux : l’intangibilité des frontières maliennes et la condamnation de tout changement anticonstitutionnel. L’Algérie favorise le dialogue entre les Maliens pour aboutir à une solution basée sur les principes exclus de toute négociation.

H. Rachid


Articles de la même rubrique

Horizons PDF

Télécharger

l'édition du jour en PDF

>> Archives PDF

Sondage

Le site Horizons
Comment trouvez-vous le site horizons :
  •  
  •  
  •  

Météo votre ville:

Cours de devises

Euro/Dollar 1,33987
Nesdaq 2976,08
CAC 40 3441,45
FTSE 100 5915,55
DowJones 13024,08
Nikkei 9633,93
Or 1767
Brent 123,96