Dossier

Psychologue et imam expliquent le phénomène

Le désir d’un changement peut cacher un malaise

Publié le 11 septembre 2012

Vouloir plaire en recourant à la chirurgie esthétique est la conséquence d’un narcissisme absolu. Toutefois, ce sentiment peut cacher un malaise et un rejet de soi (son physique) pour plusieurs raisons. La psychologue Hammadi du centre médico-psychologique de Mohammadia reconnait que dans notre pays « On n’enregistre pas cet acharnement pour changer son physique comparativement à ce qui se passe dans les sociétés du nord. Toutefois la tendance est là, dictée par l’image colportée par les chaines satellitaires arabes des stars relookées ou ayant subi des transformations apparentes et les téléspectatrices veulent s’identifier à ces modèles même si au fond d’elles-mêmes une appréhension est développée par la crainte d’un échec d’autant qu’on n’a pas de spécialistes en la matière ». Pour notre interlocutrice « La beauté réside dans ce que tu vois, à partir de là, les compliments adressés à une personne restent déterminants pour la suite des événements. En grandissant, nous construisons notre personnalité et l’identification pour un caractère fort ne peut être que positive. Alors que pour le caractère fragile ou fragilisé vient le camouflé de l’aspect extérieur (vêtements et chirurgie ou encore le maquillage) » explique t elle. Le choix de la chirurgie pour bonifier les parties apparentes du corps (visage, nez, seins et ventre) n’est pas sans conséquence sur l’esprit. Selon la psychologue « La chirurgie réparatrice est mieux acceptée mais celle destinée à améliorer ses traits, l’est moins et peut être à l’origine d’une dépression ». C’est le cas de Nadine 23 ans, célibataire qui a fait réduire le volume de ses seins par une intervention chirurgicale réussie. Mais le conseil de son chirurgien de ne pas maigrir afin de garder une bonne stature de la poitrine, l’a versée dans la boulimie au point de prendre du ventre. Une irrégularité qui a fait sombrer Nadine dans la dépression. Plusieurs séances chez la psychologue ont été nécessaires pour dépasser ce rejet et ce complexe et accepter sa nouvelle image. Du côté religieux, les savants font le distinguo entre deux types de chirurgie esthétique. « Celle, faite juste pour embellir sans une raison licite ou nécessité impérieuse et celle de la pratiquer pour remédier à une anomalie grave ou à un dommage survenu sur l’état d’origine. Les modifications du nez, de la bouche et de la poitrine généreuse et qui ne présentent pas une anomalie ou un défaut flagrant est illicite, car le prophète (QLSSSL) a clairement interdit ce type de modification volontaire dans l’unique objectif de se bonifier. Ainsi « Pour que l’intervention chirurgicale soit licite, il faut que le défaut soit la cause d’un problème profond physique ou psychologique pour l’individu. Que l’objectif recherché à travers l’opération soit licite. Si le cas de la personne satisfait ces deux conditions, l’opération relèvera donc de la nécessité dont Allah parle dans le Coran et sera considérée comme licite » expliquera l’imam d’une mosquée d’Alger.

Souhila Habib


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