Santé
Le glaucome une maladie grave
Publié le 22 juin 2012
Vous ne ressentez aucune douleur, vous n’avez aucun trouble visuel. Et pourtant vous pouvez être atteint d’un glaucome.
A partir de la quarantaine, le glaucome devrait être systématiquement dépisté. On estime que dans le monde plus de 66 millions de personnes sont affectées. Cette maladie grave de la vision qui s’accompagne en général d’une pression oculaire trop élevée, entraîne en effet une destruction lente du nerf optique, pouvant aboutir à la perte totale de la vue. La prévalence nationale du glaucome, une maladie évoluant en cécité, se situe à hauteur de 4,6 % de la population à risque. Ainsi, quelque 500.000 Algériens sont affectés par cette pathologie. La population du sud du pays est particulièrement exposée. L’œil contient un liquide appelé l’humeur aqueuse dont le rôle est de réguler la pression à l’intérieur du globe oculaire et de nourrir les différentes structures de l’œil. En cas de glaucome, l’humeur aqueuse s’accumule de façon anormale, accroissant la pression intraoculaire. Cette augmentation de la pression est la conséquence d’un écoulement difficile du liquide intra-oculaire (ou humeur aqueuse) au niveau du trabéculum, filtre d’évacuation du liquide. Ce filtre s’obstrue peu à peu, ne laisse plus correctement passer l’humeur aqueuse, qui, elle, continue à être produite à l’intérieur de l’œil. L’excès de pression qui en résulte (hypertonie oculaire) comprime l’arrière de l’œil entraînant une destruction des fibres du nerf optique ayant pour conséquence un rétrécissement progressif du champ visuel pouvant mener à une cécité totale. Les stades précoces sont souvent sans symptôme apparent, mais par la suite son évolution progressive se traduit par une atteinte du nerf optique aboutissant à la perte des messages visuels. Sans traitement, ou si celui-ci est insuffisant ou inadapté, il entraîne une altération de la vision, puis à terme, une cécité. Cette affection peut survenir sans cause particulière (glaucome primitif) ou à la suite d’une maladie oculaire ou générale comme le diabète (glaucome secondaire). Pour cela, différentes solutions existent : le traitement médicamenteux (collyres) permettant soit d’augmenter l’élimination de l’humeur aqueuse, soit de réduire sa production, le traitement par laser et enfin le traitement chirurgical. Comme pour toute maladie chronique, le suivi et le respect du traitement jouent un rôle essentiel pour prévenir son évolution. Il est important de ne jamais interrompre le traitement sans l’avis de l’ophtalmologiste, car son arrêt favorise la remontée de la PIO et la progression du glaucome. Ainsi, le glaucome est un véritable problème de santé publique, d’autant plus que les déficits initiaux ne sont pas perçus par le patient. On ne saurait trop insister sur la nécessité du dépistage systématique après 40 ans : par mesure de la PIO, par l’examen du fond d’œil, et au moindre doute par un relevé du champ visuel.
L. B.
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