Monde

Nord-Mali

Les Etats-Unis contre toute intervention militaire

Publié le 30 juin 2012

Johnnie Carson, le secrétaire d’Etat adjoint chargé des questions africaines, met en garde les chefs d’Etat des pays membres de la Cédéao (Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Oues)t, contre toute aventure militaire dans le nord du Mali.

Il leur suggère de stabiliser plutôt le Sud du pays avec leurs 3.300 hommes car, dit-il, l’armée malienne n’a plus une force digne de ce nom depuis qu’elle a été chassée du Nord, il y a trois mois, par al-Qaïda au Maghreb islamique, Ansar Dine, le Mouvement pour l’unicité et le djihad en Afrique de l’Ouest et le Mouvement national de libération de l’Azawad. « Une éventuelle reconquête du Nord serait une entreprise très lourde pour la Cédéao. Elle devrait être préparée très soigneusement et disposer de ressources en conséquence », déclare devant les membres du Congrès, Johnnie Carson. « Il n’y aura pas de solution durable aux problèmes du Nord du Mali sans un interlocuteur légitime à Bamako », fait-il observer avant de plaider pour une solution politique dans ce « territoire immense et très peu peuplé », préconiser une réponse aux« demandes légitimes » des rebelles du MNLA qui se préparent à faire la guerre aux « groupes terroristes dangereux et mortels » que sont, selon l’Américain, l’Aqmi et Ansar Dine épaulés par les Nigérians de Boko Haram et les Shebab somaliens. Les dirigeants de la Cédéao, qui ont chargé leur collègue burkinabé Blaise Compaoré d’ouvrir des pourparlers à Ouagadougou avec les représentants du MNLA, d’Ansar Dine, maintiennent leur projet. Réunis vendredi à Yamoussoukro, ils annoncent l’envoi « immédiat » d’une mission technique d’évaluation au Nord du Mali pour préparer le terrain à l’arrivée imminente de la Micema (Mission de la Cédéao au Mali). Dès le feu vert du Conseil de sécurité, une autre mission de « haut niveau » conduite par le président Compaoré se rendra à Bamako. Est-ce pour coordonner cette mission ou exiger des militaires le retour dans les casernes pour se consacrer à leur mission régalienne de défense de l’intégrité territoriale du pays ? Sans attendre le « OK » onusien, les islamistes menacent de s’attaquer aux pays qui composeraient cette force ouest-africaine. Comme pour montrer qu’ils sont conséquents avec eux-mêmes, les « djihadistes » menacent de détruire « tous les mausolées » de Tombouctou. Hier, ils ont détruit celui du saint Sidi Mahmoud qu’ils ont profané en mai dernier déjà. Ce n’est pas le seul site attaqué. Le mausolée d’un autre saint, Sidi Moctar, dans l’est de la ville et le cimetière du quartier Abaradjou au nord de la ville, aussi. La raison de ce déchaînement qui pourrait engloutir les 16 mausolées de la ville ? La décision de l’Unesco de placer « la cité des 333 saints », ville du patrimoine mondial de l’humanité, sur la liste du patrimoine en péril.

Djamel B.


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