Monde
Syrie
Les observateurs de l’ONU restent
Publié le 20 juin 2012
Malgré sa suspension samedi, suite à l’escalade des violences entre l’armée syrienne et les rebelles, le Conseil de sécurité de l’ONU a décidé, mardi soir, de maintenir la mission des observateurs (Minsus), envoyée à la mi-avril pour surveiller l’application du plan de paix du médiateur international, Kofi Annan. Son chef, le général Robert Mood, a soutenu, devant le Conseil, que ses « hommes » avaient l’« obligation morale » de rester sur place. En raison des critiques occidentales, notamment, qui ont prédit l’échec du plan Annan, et devant l’émergence de nouvelles perspectives politiques, le chef des opérations de maintien de la paix de l’ONU, Hervé Ladsous, a tenté, lui, de remettre la Minsus dans le nouveau contexte. « Nous devons être conscients qu’une série d’initiatives diplomatiques se développent bilatéralement, multilatéralement (…). Nous devons penser très rapidement à ce que seront les options pour le futur de cette mission. Et c’est à cela que nous travaillons », a-t-il suggéré. Satisfait du compte rendu du général Mood, l’ambassadeur syrien aux Nations unies, Bachar Al Djaafari a appelé les observateurs à poursuivre leur travail, qualifiant la mission de « très importante ». Loin des plénières onusiennes, le président russe, Vladimir Poutine, a réaffirmé sa politique de non-intervention en Syrie. Le maître du Kremlin a assuré que si changement de régime il y aura, « il doit être constitutionnel ». « Ce n’est pas changer de régime qui est important, mais qu’après un changement de régime, qui doit être constitutionnel, un terme soit mis à la violence et que la paix s’installe dans le pays », a-t-il préconisé, à l’issue du sommet du G20. Le président russe a fait valoir que tous les pays devraient s’asseoir à la table des négociations et élaborer un plan préalable pour permettre une issue négociée à la crise. Son ministre des Affaires étrangères, Serguei Lavrov, a mis l’accent, lors d’un entretien téléphonique avec l’émissaire international, Kofi Annan, sur la nécessité de réunir les conditions d’un dialogue politique entre les parties syriennes. « Un des objectifs », dit-il, de la conférence internationale sur la Syrie plaidée par Moscou. « Le dialogue doit permettre aux autorités et à l’opposition de définir elles-mêmes les modalités de réforme du système politique dans le pays », insiste M. Lavrov. Sur le terrain, vingt-neuf soldats syriens ont été tués, hier, dans la région de Lattaquié (nord-ouest), suite à des combats avec les rebelles.
Amine Goutali
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