Femmes

Hawa

Une femme

Publié le 27 mai 2012

Elle ne nous a pas dit son nom mais nous a raconté sa vie de bout en bout. Dans un minibus allant à Bachdjarah. Le petit garçon de 4 ans qui l’accompagnait avait lié une amitié éphémère avec le conducteur et semblait presque rejeter sa mère. Et comme dans toute société méditerranéenne on se confie à un inconnu sans complexe. Ce que fit cette personne jeune en montrant un bras avec une vilaine cicatrice au bras : « C’est mon mari qui m’a brûlée. J’ai 3 enfants avec lui. Deux garçons et une fillette… » . Originaire d’une région de l’intérieur du pays côté Est, à quelques 600 km d’Alger, elle se retrouve seule sans travail et séparée du père de ses enfants. « Quand il m’a brûlée, j’ai déposé plainte contre lui et s’ensuivit la séparation ». Le divorce reste toujours une situation dégradante dans la société algérienne et la famille de celle que appellera Nedjma n’est pas en reste. Elle l’a exhortée à revenir au village et abandonner sa progéniture à la belle famille « pour un remariage », a-t-elle confié. Pas facile de renoncer à « sa chair et son sang » et de plus refaire sa vie. Faisant fi de la loi coutumière, elle est venue à Alger, non sans avoir confié sa fille à ses parents et son fils aîné à la grand-mère paternelle. Sans travail, sans toit, accueillie par-ci, par-là par des personnes dans le même cas qu’elle. « Je suis obligée prochainement de confier ce petit dernier au village de l’enfance abandonnée de Draria… » Ni pleurs, ni geignements, Nedjma est une automate du malheur.

L. N.


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