Dossier

Accrochage dans le Zaccar Le 4 mai 1957

rude bataille avec le 29e bataillon de tirailleurs algériens

Publié le 4 juillet 2012

M. Mohamed Cherif Ould El Hocine raconte l’accrochage qui a eu lieu dans le Zaccar entre les éléments de l’ALN et le 29e Bataillon de tirailleurs algériens (BTA). Ce dernier était composé de 500 harkis et 350 soldats français et algériens.

« Pour tenter de nous surprendre, le 29e BTA qui avait pourtant son quartier général à Hadjrat Nouss (Cherchell) avait entrepris de contourner les chaînes du Dahra, par le Zaccar (Miliana), plutôt que de venir comme d’habitude en suivant le littoral. Le commandant Si Moussa Kellouaz, le chef du commando Si Zoubir, avait décidé que nous devions aller à leur rencontre, sans plus tarder, tout en nous recommandant de faire montre d’une grande prudence. Nous n’étions que trente-cinq moudjahidine. Nous étions farouchement résolus à nous battre, comme lors de la bataille de Sidi Mohand Aklouche, le 26 avril 1957. Si Moussa nous avait ordonné d’attendre son signal pour ouvrir le feu. L’ennemi ne s’attendait pas à l’accueil que nous lui avions réservé en nous mettant à tirer sur lui tous à la fois et avec la même ardeur. Nos deux mitrailleuses firent des ravages indescriptibles dans ses rangs, et nous pûmes assister au spectacle offert par des soldats en débandade qui fuyaient, abandonnant sur place leurs morts et blessés. Après avoir reculé en laissant leurs morts et blessés, les voilà derechef repartis pour un nouvel assaut. Après deux heures de combat, nos munitions commençaient à s’épuiser, nous ne devions tirer qu’avec la plus grande précision. Si Moussa dirigeait le combat à partir du sommet de la crête. Il descendit vers nous et nous dit : « Tirez vers le côté gauche, ne tirez pas tout droit. » Subitement, le voilà qui, sans crier gare, descend tout seul vers l’ennemi, pour revenir après, poussant du bout du canon de sa carabine un soldat français qu’il avait capturé. Il pénétra au milieu de l’ennemi pour aller ramener le captif, de la même façon qu’il s’empara d’un sergent-chef martiniquais, lors de l’accrochage de Tamesguida. La nuit avait commencé à tomber, mais les soldats n’en démordaient pas et continuaient d’avancer vers nous, malgré les lourdes pertes que nous leur avions causées. Si Arezki, notre chef de groupe, nous avait ordonné de balancer quelques grenades pour tenter de stopper ou ralentir leur progression. Nous avons pu quitter le champ de bataille fiers et la tête haute. Parfaitement victorieux, regrettant seulement de devoir laisser derrière nous nos deux chouhada Si Slimane et Si Mahfoud. Des avions mouchards piper-cub s’étaient mis à tournoyer au-dessus de nous, survolant la forêt à la recherche de nos traces, mais c’était peine perdue, car nous étions très bien camouflés. Comme il était déjà trois heures de l’après-midi, l’état-major ennemi ne pouvait pas se permettre de prolonger l’opération de ratissage. La bataille s’est soldée par un lourd bilan pour l’ennemi, plus de 150 soldats tués et 200 blessés.


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