Le jasmin roi
Cette année les roses ont fait la belle au printemps. Leur cueillette a été très maigre. Ce manque de fragrance n’a toutefois pas altéré les amateurs de senteurs exotiques. Ils se sont tournés vers le Jasmin pour aiguiser leur odorat. Le long des routes longeant le littoral, des jeunes vous accueillent avec des colliers de pétales blancs à la manière des Tahitiens. C’est sur cette note de bain floral que jaillissent les sourires. Sur le chemin du retour, les vacanciers extenués par une torride journée d’été retrouvent cette fraîcheur spontanée. Ces vendeurs, on les retrouve à l’entrée de la ville de Cherchell. Comme pour perpétuer la grandeur de Césarée, cette offrande de jasmin vient de la nuit des temps. La ville de Sidi Braham a toujours été nourrie à la culture de ce précieux parfum. Il ne se passe pas un été sans que le jasmin ne soit honoré. Dans les cours des maisons, on fait sortir tout l’attirail pour transformer cet arome en un philtre magique. Par ces chaudes nuits d’été, le jasmin est roi, il investit toutes les fêtes, mêmes les passagers ont droit au collier d’honneur pour orner leur bustes. La ville retrouve ses senteurs. Rien ne pourra arrêter cette joie d’avoir pris un café au jasmin. Ils sont nombreux à venir en pèlerinage sur ce célèbre rivage, prendre une partie de plaisir pour une poignée de jasmin. Les vacances se déroulent dans la plus pure tradition cherchelloise. Et là une nuit tient toute ses promesse et ses senteurs. Une fête de mariage. Sur la table dressée, plusieurs convives sont ornés de colliers de jasmins. L’orchestre musical chaâbi s’apprête à fredonner une « Touchia » de bienvenu, quand soudain arrive le maître de cérémonie, tournoyant autour des invités, balançant du jasmin sur leurs têtes.
C’est avant tout un rite pour marquer l’existence de ces floralies qui perdure dans l’espace et le temps. Les romains on gravé sur leurs immortels fresques des scènes de fêtes sur fonds de grandes gerbes de jasmins. Le musée de Cherchell redéploie d’ailleurs ce passé où le jasmin était roi.
C’est avant tout un rite pour marquer l’existence de ces floralies qui perdure dans l’espace et le temps. Les romains on gravé sur leurs immortels fresques des scènes de fêtes sur fonds de grandes gerbes de jasmins. Le musée de Cherchell redéploie d’ailleurs ce passé où le jasmin était roi.
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