Commémoration des événements de Sakiet Sidi Youssef : Des moments de solidarité et de sacrifices intenses
Sakiet Sidi Youssef, un village à la frontière algéro-tunisienne, se rappelle chaque année le combat commun de deux peuples pour leur liberté. Un moment de solidarité intense, de sacrifices incommensurables.
Le 8 février 1958 à 11 h 30, une armada de 25 avions militaires français dont 11 bombardiers B26, 6 chasseurs bombardiers Corsair et 8 chasseurs Mistral, bombardent la ville de Sakiet Sidi Youssef, située à 500 mètres de la frontière. C’était un samedi, jour de marché. Le carnage a fait « 69 morts et 130 blessés. Douze enfants sont parmi les victimes », selon les historiens.Ces évènements restent, au regard de l’histoire, le symbole d’une solidarité de deux peuples qu’une simple frontière ne saurait partager. Elle marque aussi la déliquescence d’une armée aux abois harcelée par une Nation décidée d’en découdre avec la colonisation. Les combattants ont déjà, il y a deux années, en novembre 1954, fait le serment de bouter hors des frontières une soldatesque décidée à les perpétuer dans l’asservissement. La cause de l’Algérie était soutenue par tout le monde, car juste, ne cessant de gagner de la sympathie y compris chez le peuple tunisien frère qui avait décidé de soutenir cette révolution jusqu’à son aboutissement.
Pour briser cette solidarité, l’armée coloniale recourt aux représailles sur des populations aux mains nues. Les moyens les plus sophistiqués sont mis en œuvre. L’aviation pilonne des villages entiers, il y avait du monde, c’est un carnage. L’armée française qui commençait à essuyer une série de revers veut « frapper fort » pour intimider et casser la solidarité algéro-tunisienne qui jouait un rôle déterminant dans le soutien au combat, affaiblir la Révolution algérienne, en la coupant de ses soutiens extérieurs. « L’argument du droit de poursuite était fallacieux », disent les témoignages.
La riposte maladroite des responsables français à l’époque cache mal leur grand désarroi de ceux qui veulent minimiser les succès de l’ALN. En effet, l’armée française essuyait des coups durs. En janvier 58, c’est un autre grand revers. Une embuscade tendue par les moudjahidine, à Djebel Alahoum, se solde par 42 morts et 4 soldats prisonniers. La débâcle sera annonciatrice de bouleversements politiques, le gouvernement Gaillard est renversé le 15 avril 1958 pour « incapacité à gérer la crise engendrée par cette attaque contre Sakiet Sidi Youssef », disent certains historiens qui ne nient pas, parallèlement, ’ampleur de la réprobation internationale. Un élan de sympathie de plus pour la cause algérienne.
Le sang qui a coulé entre les deux peuples sera davantage le catalyseur de l’aspiration à l’unité, réaffirmée chaque année des deux côtés de la frontière, une frontière qui a vu la naissance de plusieurs projets de développement au bénéfice de deux peuples frères.
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