Idriss Deby au Soudan : Le temps de la réconciliation
N’djaména et Khartoum sont tenues de réussir le pari de la légitimité et de la stabilité
«Cette fois-ci, ça a l’air sérieux», constate un diplomate interrogé par l’AFP. Il explique le retournement de la situation par le fait que «les deux pays en ont besoin en ce moment». Cette exigence fondamentale signifie que le temps de paix et de réconciliation a sonné pour les deux capitales enlisées dans une guerre tragiquement absurde.A l’orée des échéances décisives, N’djaména et Khartoum sont tenues de réussir le pari de la légitimité et de la stabilité interne induites par un calendrier électoral aux enjeux bien affirmés : les législatives en novembre et la présidentielle en décembre pour le Tchad ; la présidentielle soudanaise en avril et le référendum au Sud Soudan en janvier 2011. Le rapprochement soudano-tachadien amorce le temps des retrouvailles. Après 6 années de brouilles et la dégradation vertigineuse des relations politiques et diplomatiques, les «frères ennemis» s’engagent à tourner la page de la discorde alimentée par les tentatives de déstabilisation menées, par rebelles interposés, tant à N’djaména qu’au Darfour. Toutes les tentatives de réconciliation, consacrées notamment par le pacte de non-agression signé en 2008 à Dakar, ont volé en éclats et n’ont pas résisté aux velléités bellicistes.
Pour la première fois depuis 2004, le déplacement du chef de l’Etat tchadien, Idriss Deby Itno, s’interprête comme un geste d’apaisement.
«Il s’agit d’une visite historique, commente le chef de la diplomatie tchadienne Deng Alor. Nous tentons d’améliorer les relations entre le Tchad et le Soudan. Et, je pense que cette visite en est un témoignage». Dans cette normalisation en marche, le temps de la paix et de la construction est essentiel pour l’avenir de la région. «Nous espérons que plusieurs enjeux seront discutés et résolus au cours decette rencontre», a poursuivi le chef de la diplomatie soudanaise.
La remise à niveau de la relation perturbée, à impact décisif sur l’état d’avancement des «pourparlers de Doha» et de la situation du Darfour, participe de la volonté de relance des mécanismes de gestion et de règlement des litiges, instaurés par «l’accord de normalisation» assorti du «protocole de sécurisation des frontières» prévoyant la cessation de tout soutien aux mouvements rebelles et le déploiement d’une force commune de 3.000 hommes à la frontière. La «paix à portée de main» est une avancée considérable dans cette région de tous les enjeux.
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