M. KARIM DJOUDI
«L’ouverture du secteur bancaire et financier est une réalité»
L’ouverture du secteur bancaire et financier est aujourd’hui une réalité», a indiqué M. Karim Djoudi ministre des Finances, ajoutant que de nombreuses banques internationales sont installées en Algérie.
«Les thèmes qui ont été retenus dans le quatrième Forum international de la finance (FIF), à savoir les marchés financiers, la bourse, le financement des investissements, la banque et les moyens de paiement, l’assurance et la banque assurance sont des thèmes essentiels pour le développement de l’Algérie en général et de son secteur financier en particulier», a déclaré M. Karim Djoudi, ministre des Finances, lors de cette rencontre organisée, hier, à l’hôtel Aurassi par le Forum des compétences algériennes en Suisse (FCAS) sous le haut patronage du président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika. Dans ce cadre, l’action des pouvoirs publics conjugue, poursuit-il, la gestion des équilibres macro-économiques à des réformes sectorielles structurelles qu’elles soient dans le mode de production, dans la gestion des utilités publiques, mais aussi, dit-il, dans le financement de l’économie avec comme corollaire la réforme financière sur la banque, l’assurance et les marchés de capitaux, mettant en évidence essentiellement le renforcement de la stabilité et la rentabilité du secteur bancaire, du marché du crédit et la réduction du coût de l’intermédiation.
La situation macroéconomique de l’Algérie s’apprécie, selon le ministre, dans une croissance continue et forte du PIB hors hydrocarbures citant le taux de 4,7% en 2005, 5,6% en 2006 et 6,4% en 2007. Cette forte croissance a permis, indique M. Karim Djoudi, de réduire fortement le niveau de chômage qui est passé en 1999 à 29,24% à 17,65% en 2004 et à 11,2% en 2007. Cette croissance accompagnée de trois flux financiers important.
Il s’agit, entre autres, d’une politique budgétaire expansionniste contenue dans ses équilibres et accompagnée de la constitution d’un fonds de régulation de recettes comme épargne budgétaire qui donne la visibilité à l’action financière de l’Etat et qui s’établit à 30% du PIB. « L’ouverture du secteur bancaire et financier est aujourd’hui une réalité», a-t-il en outre indiqué, ajoutant que de nombreuses banques internationales sont installées en Algérie.
Il n’en demeure pas moins, dira-t-il, que la maîtrise et la gestion efficiente des différents métiers du secteur de la finance passent par une amélioration qualitative et quantitative des compétences à travers une politique de formation réfléchie et permanente.
Dans cette perspective, M. Karim Djoudi a souligné un programme ambitieux de formation et de perfectionnement du personnel du secteur qui a été mis en place en s’appuyant sur les institutions relevant du ministère des Finances et sur la coopération internationale. «C’est dans le secteur de la formation bancaire et celle des équipes de gestion de projets que nous souhaitons l’établissement d’une étroite collaboration avec nos amis suisses», dit-il, précisant que les conditions d’une économie émergente sont actuellement réunies.
M. Brahim Gacem, président du FIF, a souligné quant à lui l’importance d’un tel événement en matière de développement bancaire et de la formation des compétences algériennes. M. Joseph Deiss, ex-president de la Confédération helvétique, a annoncé dans sa communication que les négociations entre la Suisse et l’Algérie sont actuellement avancées pour la création d’une zone de libre échange, précisant qu’elle existe déjà avec la Tunisie, le Maroc, l’Egypte et la Jordanie.
A. Meziane
La création d'un fonds souverain n'est pas l'idéal pour la gestion des réserves de change
Le ministre des Finances, M. Karim Djoudi, a estimé mardi que les fonds souverains ne représentaient pas une "réponse positive" qui permettrait une meilleure gestion des réserves de change. Le ministre a tenu ces propos en marge d'une conférence sur les finances tenue à Alger, où il a été interrogé par la presse sur l'opportunité de la création d'un fonds souverain national à l'instar de certains pays exportateurs de pétrole.
Les fonds souverains, rappelle-t-on, sont des fonds d'investissement créés par des Etats pour investir les revenus provenant de l'excédent de leurs balances des paiements. La Chine et d'autres pays d'Asie en ont créé, mais aussi les Etats du Golfe, qui cherchent à investir leurs immenses recettes pétrolières.
Pour le premier argentier du pays, le fonds souverain en lui-même n'est pas la solution idéale pour mieux gérer les réserves de change car il s'accompagne aussi d'''éléments de risques".
A ce propos, il a rappelé que la crise financière internationale générée par les crédits hypothécaires à haut risque (subprime) a touché directement ou indirectement les groupes bancaires internationaux alors que "les fonds souverains s'orientent généralement vers des actifs à risques élevés".
Le ministre a ajouté que la création éventuelle d'un fonds souverain en Algérie nécessite "une décision économique dont il faut évaluer l'opportunité", en ajoutant que les risques auxquels font face ces fonds ''doivent être appréciés" minutieusement.
La gestion des réserves de change, a-t-il rappelé, est opérée par la Banque d'Algérie sur la base d'un principe fondamental qui est celui de les gérer avec un minimum de risques et d'assurer leurs liquidités, c'est-à-dire avoir la possibilité de les récupérer à tout moment pour des besoins de financements. Par ailleurs, le ministre a indiqué que les disponibilités du Fonds de régulation des recettes (FRR) ont atteint un montant de 3200 milliards de DA à fin 2007.
Ce qui permet à l'Algérie "d'avoir une épargne et de disposer d'une visibilité en termes de conduite des financements du programme de développement sans recourir à l'endettement interne ou externe".
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SELON UN RAPPORT DE L’OCDE PRÉSENTÉ HIER À PARIS
L’Algérie a enregistré de grands
progrès socio-économiques
Des spécialistes de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) ont souligné les progrès socio-économiques enregistrés par l'Algérie depuis l’élection du président Abdelaziz Bouteflika à la magistrature suprême du pays.
Dans leur rapport intitulé ''Perspectives économiques africaines 2008'', présenté hier à Paris, ces spécialistes ont insisté, dans le chapitre consacré à l’Algérie, sur les répercussions positives du Programme de soutien à la relance économique (PSRE) et du Programme complémentaire de soutien à la croissance (PCSC) sur les conditions de vie des citoyens et la prise en charge de leurs problèmes socio-économiques. ''L’action du président Abdelaziz Bouteflika a été marquée sur le plan politique par l’objectif de réconciliation nationale, une politique initiée durant son premier mandat (1999-2004). Les dernières années du second mandat du président ''seront marquées par le PCSC (2005-2009)'', rappelle le rapport.
''Initialement estimé à 60 milliards de dollars, ce plan a été réévalué à plus de 140 milliards de dollars, budget auxquels s’ajoutent quelque 14 milliards destinés au développement des régions des Hauts Plateaux et du Grand Sud'', souligne le rapport qui indique que ''l’action budgétaire vise à entretenir la croissance économique, en dotant le pays d’infrastructures adéquates afin d’améliorer le climat des affaires et d’inciter le secteur privé à s’impliquer davantage dans la relance de la croissance''.
Le rapport insiste, par ailleurs, sur l’importance de l’action sociale de l’Etat. ''Cette action sociale s’est située entre 5,5 % et 7,7% du PIB de 1999 à 2005. En ne considérant que le PIB hors hydrocarbures, ce chiffre passe de 10 à 13 % sur la même période''.
Le rapport note également que ''le programme de construction de un million de logements dans le cadre du PSRE, dont une grande partie a déjà été réalisée, a concouru à desserrer quelque peu la contrainte de la demande''. ''Le taux d’occupation par logement est passé de 7 personnes à 5,5 entre 1999 et 2004, et il devrait se situer à 5 en 2009 après la réalisation d’un autre million de logements'', indique-t-on dans le document. Les spécialistes de l’OCDE relèvent que ''l’espérance de vie à la naissance, qui constitue à la fois un indicateur de santé et de développement, a gagné plus de 20 années par rapport à 1970. Elle a dépassé 73 ans en 2005'', alors que ''l’analphabétisme a nettement reculé ces dernières années''. L’aisance financière ''offre une importante marge de manœuvre aux autorités algériennes pour atteindre les objectifs du millénaire pour le développement (OMD)'', souligne encore le rapport.
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LE DÉCRET EXÉCUTIF AU STADE DE FINALISATION
L’utilisation du chèque obligatoire en 2009
Dans l’objectif de rompre avec l’insécurité et l’inconfort de la manipulation des liquidités, le projet de décret exécutif prévoyant l'obligation de l'usage du chèque pour les payements est au stade de finalisation et sera en vigueur dans le courant de l'année 2009, a annoncé, hier, le président de la Cellule de traitement du renseignement financier (CTRF), M. Abdelmadjid Amghar, sur les ondes de la Radio nationale.
Le projet de texte en question qui limiterait le montant-seuil des payements entre 300.000 et 600.000 DA au lieu du montant-seuil de 50.000 DA fixé par le décret de 2005, abrogé, sera un des mécanismes de lutte contre le blanchiment d'argent et l'économie informelle, a précisé l’invité de la radio. «Ces montants seront appelés à être réduits progressivement à mesure que l'on avance dans la mise en œuvre de l'opération», a-t-il dit, soulignant qu'ils varieront en fonction du statut des utilisateurs, à savoir les opérateurs économiques, les personnes morales, les personnes physiques, les ménages.
Le prochain texte vise à apporter plus de clarté aux opérateurs économiques, à les sensibiliser à la question de la lutte contre le blanchiment d'argent et les informer sur les risques encourus par ceux qui ne passent pas par les circuits financiers, a-t-il ajouté. «Ce texte permettrait aussi à la Cellule de traitement du renseignement financier de connaître la traçabilité dans les transactions commerciales», affirmant que l'informel «freine le travail» de cette institution. «Le décret en préparation recèle une sorte de pédagogie dans la mise en place de l'usage du chèque, en instaurant la confiance entre les usagers et les banques, encourager la multiplication des agences bancaires, en généralisant les nouveaux systèmes de payement et en expliquant aux opérateurs économiques que l'usage du chèque est le seul moyen pour pouvoir travailler en toute légalité», a-t-il expliqué. Enfin, le texte concernera pour un premier temps certains secteurs d'activités pour être généralisé à d'autres où l'usage du chèque est encore difficile à mettre en œuvre, comme les transactions commerciales dans les différents marchés de gros des fruits et légumes, a encore précisé M. Amghar. En effet, le chèque comme moyen de paiement permettra aussi de renforcer la tendance à la bancarisation du pays. Autrement dit, l’argent en circulation en dehors des circuits bancaires est appelé à réintégrer ces derniers. Outre la traduction dans les faits d’une disposition de la loi relative à la lutte contre le blanchiment d’argent, le nouvel instrument fera changer le comportement de la clientèle qui devra s’adapter aux instruments modernes de paiement que sont, en plus du chèque, la carte bancaire, le virement et le prélèvement.
K. Alloun
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