PEUT-ON CRITIQUER ISRAËL ?
L’exception mondiale
Pas un quotidien, pas un hebdo, pas une revue, pas une station radio, pas une chaîne de télévision n’échappe à l’événement. Les 60 ans d’Israël, fêtés en grande pompe et déroulant le tapis rouge de la dérive sanguinaire et barbare du sionisme triomphateur, surprennent tout ce qui compte dans le monde médiatico-politique en fâcheuse posture de «garde à vous» solennel.
Elle en exprime les relents de la pensée unique mondiale et le poids du lobby juif, dressant la toile d’araignée médiatico-financière, puissamment incrusté dans les hautes sphères politiques du monde occidental rompu au chantage de la Shoah et instaurant la loi de l’omerta sur les voix récalcitrantes vouées à l’infamie et à l’excommunication.
L’ordre théocratique hébreu, fondé sur des bases religieuses et la discrimination raciale, est une grave imposture historique, frappée du sceau de la légalité internationale et drapée de vertu démocratique pour l’accomplissement final du projet sioniste de judaïsation et de dépossession du peuple palestinien de ses terres ancestrales et de ses droits nationaux. Elle se poursuit avec la même vigueur que lors de la proclamation de l’Etat d’Israël, il y a 60 ans, promise par Lord Balfour, favorisée par le flux d’immigration juive et, en définitive, imposée par le recours au terrorisme des années de feu.
L’ère des 3 organisations terroristes (la Haganah, Zvei Leumi ou l’Irgoun et le Gang Stern institué aujourd’hui en Tsahal, ciblant les populations palestiniennes civiles et les responsables du mandat britannique, peut commencer. «Nous avons commis des exactions dignes des nazis», reconnaît le premier ministre de l’Agriculture», Aharon Zisling.
Par-delà les massacres de masses, révélant au monde les tragédies de Der Yassine, de Kafr Kassem, Dawaymeh et de Tantura, l’ethnocide se prévaut des pires actes terroristes qui renvoient à leurs chères études les corréligionnaires de Ben Laden : attentats contre un autobus palestinien (1937), sabotage du pipeline acheminant le pétrole irakien près de Haïfa (1939), assassinat du ministre plénipotentiaire britannique en résidence au Moyen-Orient (1940), Lord Moyne au Caire, explosion du navire britannique SS Patrice dans le nord de Haïfa (25 novembre 1940), dynamitage de l’hôtel King David Jérusalem abritant l’administration civile du gouvernement de la Palestine (1946), attentats endommageant gravement l’ambassadeur britannique à Rome (1er octobre 1946), explosion dans un centre de tri du colis piègé adressé au ministère britannique de la Guerre (juin 1947), séries d’attaques menées contre les marchés, les cafés et les villages palestiniens (décembre 1947), assassinat du médiateur onusien en Palestine, le comte Foke Bernadotte (17 septembre 1948).
Que sont donc les roquettes traditionnelles de Hamas face à l’arsenal de guerre des organisations terroristes israéliennes ? Des pétards mouillés.
Israël :
Premier Etat terroriste
Le premier Etat terroriste au monde est né. Il est célébré avec tous les honneurs par les nouveaux apôtres de la démocratie, des droits de l’homme et de la «lutte contre le terrorisme international». Entre ces parrains inamovibles acquis à la pérennité de l’ «Etat hébreu», l’amitié proclamée et non moins intéressée de ses plus fidèles alliés et le cortége de courtisans et de zélateurs, la ligue des assassins et des tueurs sans foi, ni loi repose sur un déni de liberté, de justice et des droits confisqués du peuple palestinien souffrant le martyre de l’occupation coloniale à base d’épuration ethnique et de racisme ordinaire. Un racisme au-dedans confinant les 20% de citoyens israéliens représentant les 1,5 million de Palestiniens dans un ghetto politique, social et culturel qui les prive d’un accès aux ressources financières et matérielles. Près de 5% du budget sont alloués à la communauté palestinienne. Si 93% des terres reviennent à la population juive, seulement une infime proportion de 3% est réservée aux Israélites palestiniens. Le fossé se creuse.
Le sociologue Samy Smooha rappelle que cette condition de parias révèle la mise en quarantaine des quartiers et des villages palestiniens boycottés par deux juifs sur trois. A cette condition de minorités, se greffe le refus de toute cohabitation par les deux tiers de l’opinion israélite rejoignant les thèses racistes du chef de file du parti d’extrême droite Israeli Beitenou (notre maison Israël), Avigor Liberman siégeant au gouvernement. Il plaide la nécessité de «2 Etats ethniques homogènes» et l’échange, pour ce faire, de territoires. «Toute personne qui inclut le transfert parmi les partis de la coalition confirme la résolution des Nations unies qui dit que le sionisme c’est du racisme », relève Benny Begin, le fils de l’ancien Premier ministre et figure de proue du Likoud. Anti-sémiste ?
Instituant le «mur de la honte», l’Etat terroriste et illégal pratique le «néo-apartheid» des temps de l’amnésie totale et de l’impunité coupable des crimes contre l’humanité légitimés faussement par le «droit à la sécurité». Nulle vérité au-dessus d’Israël ? A l’université du Caire, le 17 avril 2008, l’ancien président américain Jimmy Carter, promoteur de la paix séparé de Camp David et auteur de l’ouvrage «Palestine : la paix et non l’apartheid», a rompu la loi du silence qui s’impose à tous. Il a estimé que «le mot apartheid a choqué…apartheid est pourtant l’exact description de ce qui se passe aujourd’hui en Palestine». Terrible aveu. «En 7 ans, poursuit l’ancien président des Etats-Unis, il y a eu 13 personnes tuées par les roquettes, et je considère que tuer des civils innocents est du terrorisme, mais ces roquettes sont rudimentaires, et si tu vivais, toi à Ghaza, tu verrais que pour un israélien tombé sous les roquettes palestiniennes, 30 à 40 palestiniens sont tués par des militaires israéliens, ce qui, selon moi, relève aussi du terrorisme ».Cette vérité dérangeante a provoqué le lynchage en règle du partisan du processus de Camp David qualifié d’agent du Tel Aviv.
Obama, Hillary Clinton,
Mc Cain sous l’étendard
de l’Etat hébreu
Au Washington Post, aux liens et aux sympathies plus qu’étroites avec Israël, le mot d’ordre de l’excommunication est lancé. Pour l’éditorialiste Benjamin Shapira, officiant dans nombre de publications, «c’est douloureux de traiter un ancien président américain de partisan des ténèbres. Mais, il est dangereux de laisser un homme comme Jimmy Carter hanter la planète, drapé de la cape de la réputation américaine et plantant les graines de la civilisation occidentale».
Le lobby juif américain qui n’a absolument rien de différent avec son alter ego français, sollicitant la vigilance de tous les instants des gardiens du temple, cultive la chappe de plomb imposée aux plus sûrs représentants de la Maison-Blanche et à tous ses potentiels successeurs, alignés en rangs unis sous l’étendard de l’Etat hébreu, d’Obama, à Hillary Clinton et Mc Cain suspendu aux voix de l’électorat juif et à la toute-puissante Aipac. Il excelle dans l’art du chantage ignoble et le déni de conscience et de liberté d’expression dont ils se font les chantres malgré eux, à la manière du malade imaginaire.
De nombreuses victimes, entre hommes de culte, intellectuels et personnalités, ont vécu dans leur chair et leur dignité, la sanction du bûcher qui a consommé le courage de l’orientaliste Roger Garaudy, auteur de l’ouvrage-référence «Les mythes fondateurs du sionisme», du vénérable Abbé Pierre coupable d’ «amitié» et de «mauvaise interprétation», l’artiste Dieudonné, de Pascal Boniface s’interrogeant sur l’impunité d’Israël, et, très récemment, du sous-préfet Bruno Gigue limogé pour avoir évoqué l’affaire des «snippers israéliens» et des geôles israéliennes…Et, pourtant, si Jimmy Carter ne faisait que réaffirmer une vérité clamée par Nelson Mandela, il y a 3 ans, cette vérité a fait la une du Guardian, publiant, il y a une semaine, une tribune signé par un groupe de 100 juifs britanniques regroupant des universitaires, des écrivains, des acteurs et des personnalités politiques.
«Nous ne célèbrerons pas l’anniversaire d’Israël », disent-ils. Car, coupables de l’exil de 70.000 palestiniens lors de la Marche de la Mort, en 1948. « Nous ne pouvons célébrer l’anniversaire d(un Etat, fondé sur le terrorisme, les massacres et les dépossessions d’un autre peuple de son propre territoire ». précisent-ils. Au bûcher, recommande l’ambassadeur israélien à Londres. Le premier Etat terroriste peut continuer dans l’allégresse des grands son œuvre génocidaire.
Larbi Chaabouni
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CONFLIT ISRAÉLO-PALESTINIEN
Il y a 21.915 jours,
la Nakba !
60 ans après la décision de l’Assemblée générale des Nations unies qui prévoyait que la Palestine soit divisée en deux États, l’un juif et l’autre arabe, l’Etat palestinien n’a toujours pas vu le jour. Malgré tous les accords signés entre les deux parties et toutes les promesses de George W. Bush qui prononcera ce matin un discours devant le Parlement israélien.
Les Palestiniens exprimeront aujourd’hui, 60e anniversaire de la Nakba, leur colère. Ils tenteront à Gaza de briser le blocus qui les asphyxie depuis près de deux ans. En Cisjordanie, ils marcheront « massivement » dans le centre de Ramallah pour dénoncer les « fausses promesses de Bush et montrer au monde entier qu’ils sont « une bombe humaine » qui pourrait exploser à tout moment après 60 ans de souffrance, 60 ans d’humiliation, 60 ans de douleurs et 60 ans de patience. Outre ces deux marches qui prouveront que la Nakba continue toujours, ils lâcheront 21.915 ballons noirs, soit le nombre de jours qui se sont écoulés depuis la Nakba, pour montrer leur attachement au « sacré » droit au retour des 4,5 millions de réfugiés sur leurs terres et leur détermination à ne rien céder de leurs droits malgré toutes les mesures de l’Etat occupant depuis Deir Yassin et Haifa en 1948, Sabra et Chatila en 1982 et Jabalya en 2008 : massacres, crimes, attaques, agressions, humiliations, bombardements, encerclement et emprisonnements. 511 villages ont été rayés de la carte. 85 % de la population a été expulsée de ses terres. Cette politique sans précédent dans les annales de l’Histoire, a créé au fil du temps une « conviction » dans les territoires occupés : Israël qui a inventé la négation du Palestinien, des bantoustans de Cisjordanie et Gaza et inventé un Mur de Séparation pour réconforter « l’imagination » de ceux qui croient au « choc des civilisations » comme George Bush ou Oussama Ben-Laden, disparaîtra un jour ! La raison ? S’il continue à être en guerre permanente avec ses voisins, tôt ou tard ses « enfants » le fuiront. La manifestation qui sera organisée par le mouvement islamique arabe en Israël est devant la Knesset pendant le discours de M. Bush à la Knesset, le boycott de neuf députés arabes israéliens de cette séance pourraient accélérer le réveil des juifs qui ont souffert du nazisme comme les Palestiniens souffrent maintenant.
Djamel B.
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