DIABÈTE
Des complications qui peuvent être graves
Le diabète est l’une des maladies chroniques les plus fréquentes chez l’enfant et l’adolescent puisqu’il touche 0,3% des enfants. Le pancréas de ces malades étant devenu incapable de produire suffisamment d’insuline, ils développent un diabète insulino-nécessitant.
Le traitement est donc fondé sur la prise quotidienne d’insuline par voie injectable en fonction du contrôle de la glycémie. En plus de cet aspect purement médical, il y a le côté psycho-social de la question. Et Dieu sait que l’adolescence est une période très difficile d’autant plus en cas de maladie chronique. Cette dernière implique l’injection pluriquotidienne d’insuline, une surveillance stricte de la glycémie et, enfin, un régime alimentaire particulier. Trop de choses à gérer pour un adolescent qui se sent différent de ses amis et de ses camarades. Et tout cela conduit ce jeune patient à la négligence de la maladie et par conséquent la survenue de toutes ses complications redoutables. Elles peuvent avoir des conséquences néfastes allant de la cécité par cataracte ou atteinte de la rétine à la néphropathie avec insuffisance rénale en l’absence de traitement.
L'hyperglycémie ou l’élévation du taux de sucre dans le sang de manière chronique chez les diabétiques endommage progressivement les petits vaisseaux sanguins des reins et des yeux ainsi que les nerfs. Les vaisseaux s’obstruent et si certaines parties de notre corps ne sont plus assez irriguées, elles peuvent mourir.
Amina est une jeune fille de 24 ans, chez qui un diabète a été découvert à l’age de 2 ans. Et depuis cette date sa vie est totalement différente des autres. Elle avait commencé a recevoir son insuline dès le diagnostic. Elle a appris à le faire elle-même dès l’âge de 7 ans. «Quand je suis rentrée au lycée, j’en avait marre de me faire piquer plusieurs fois par jour, de ne pouvoir manger comme mes camarades. Alors, un jour, j’ai décidé de faire tout le contraire, je ne faisais plus mes injections, je mangeais ce que je souhaitais, je refusais d’aller consulter mon médecin… Et maintenant, je le paye très cher puisque je suis aveugle et insuffisante rénale depuis 2 ans avec trois séances d’hémodialyse par semaine. Si je savais ce qui allait m’arrivait, j’aurais sans doute été la plus exemplaire des patientes », raconte Amina. Alors la meilleure solution reste un bon équilibre de la glycémie grâce à l’insuline, un régime alimentaire équilibré et une activité physique. Le respect de ces règles fondamentales de la prise en charge du diabétique permet d’éviter ou de retarder au maximum toutes les complications.
Lamia B.
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CHIFFRE DE LA SEMAINE
Paludisme : 288 cas enregistrés en 2007 en Algérie
Le paludisme est une maladie infectieuse due à des parasites inoculés à l'homme par certains moustiques. C'est aujourd'hui l'affection tropicale la plus répandue. Cette maladie grave peut être mortelle si des soins appropriés ne sont pas apportés. 288 cas de paludisme ont été enregistrés en 2007 en Algérie, dont 95% sont importés du Mali et du Niger. Dont 90% de ces cas ont été enregistrés dans les wilayas d'Adrar et de Mostaganem, ajoutant que 75,95% sont des cas autochtones. Les plus de 15 ans constituent la tranche d'âge la plus touchée (89,9%). 32,9% des cas enregistrés sont sans profession déclarée, 16,9% exercent une activité libérale, 8,9% sont routiers, 5,8% de profession non déterminée, 4,9% sont des ouvriers non qualifiés et 4,5% sont des jeunes scolarisés.
Pour les cas autochtones, la wilaya de Ouargla arrive en tête des wilayas affectées par cette maladie épidémiologique avec 48,2%, suivie de Tamanrasset (37,3%), Adrar (10,8%) et Ghardaïa (3,6%).
Selon les spécialistes, les facteurs de risque importés et liés à l'homme sont provoqués par les flux migratoires, notamment clandestins porteurs de parasites et par les mouvements incontrôlés de population (commerçants...) alors que les cas autochtones sont signalés dans les constructions anarchiques (près des oueds, puits). Les cas liés à l'environnement sont causés, selon les spécialistes, par les fortes pluies en septembre et en octobre, un degré de température et d'humidité suffisants favorisant la présence de gîtes d'anophèles, principal vecteur de cette maladie outre d'autres facteurs comme les oueds et le drain de palmeraies.
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DR HADDAM, PÉDIATRE ALLERGOLOGUE À L’HÔPITAL PARNET
«L’allergie respiratoire de l’enfant en hausse»
Les médecins sont alarmés. De plus en plus d’enfants développent des allergies. 60% d’enfants à rhinite allergique finissent par devenir asthmatiques. Principales causes des allergies respiratoires : les acariens, la pollution de l’air, la forte urbanisation. Dr Haddam, pédiatre, nous parle du fléau.
Dr Haddam, quelle est la situation épidémiologique concernant l’allergie respiratoire en Algérie ?
Il n’y a pas eu d’études épidémiologiques concernant l’allergie respiratoire en Algérie. Cependant ce qu’on sait c’est que ce fléau progresse d’une manière vertigineuse que cela soit dans le monde ou en Algérie. En pratique courante, par exemple à l’hôpital Parnet, il y a une demande extraordinaire en consultation d’allergie qu’elle soit respiratoire, alimentaire, médicamenteuse…
Quels sont les facteurs favorisant la survenue d’une allergie chez l’enfant ?
Il y en a plusieurs.
1. facteurs génétiques : l’enfant de parents allergiques a de forte chance de l’être, surtout si les deux le sont.
2. facteurs environnementaux : la pollution atmosphérique, les virus et surtout le tabagisme passif.
3. l’introduction de plus en plus de produits qu’on ne connaissait pas : les fruits exotiques, les conservateurs. C'est-à-dire que c’est l’industrialisation des sociétés qui engendre cette hausse de l’allergie.
4. l’utilisation de plus en plus de produits en latex, en caoutchouc….
Quels sont les moyens de
prévention ?
Il faut lutter en amont contre les facteurs favorisants :
L’exposition allergénique alimentaire et environnementale la moins précoce chez les enfants de parents allergiques.
Lutte contre le tabagisme essentiellement maternel.
L’allaitement maternel exclusif pendant six mois a un rôle manifeste dans la prévention.
Comment prendre en charge un enfant allergique ?
Si les parents suspectent une allergie chez leur enfant, il faut consulter pour une prise en charge globale (médicaments et désensibilisation) le mieux chez un pédiatre allergologue. La désensibilisation consiste à introduire des quantités de plus en plus importantes d’allergènes dans l’organisme de l’enfant pour qu’il développe une tolérance vis-à-vis de cet allergène.
En plus du traitement médical, les conditions de la maison sont très importantes. Elles consistent à lutter contre les moisissures et les acariens :
Ensoleillement de la maison et lutte contre l’humidité.
Diminuer au maximum les choses qui contiennent les acariens : peluches, moquettes, livres, les couvertures…
La literie de l’enfant doit être en matière synthétique recouverte d’une housse anti-acariens. La couette et les oreillers doivent être lavés obligatoirement deux fois par mois. Aérer la chambre plusieurs fois par jour, essuyer la poussière avec un chiffon humide quand l’enfant n’est pas là, plusieurs fois par semaine. Il ne faut pas surchauffer la chambre de l’enfant, une température de 19 à 20°c c’est l’idéal.
Si l’enfant aime sa peluche, on peut la lui laisser, mais à condition de la laver plusieurs fois par semaine.
Ne pas introduire les animaux tel que chat et chien dans l’atmosphère de l’enfant allergique.
Lamia B.
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JOURNAL D’UN MÉDECIN
«Mon fils souffre d’une allergie
aux protéines
de lait de vache»
L'allergie aux protéines du lait de vache est la plus fréquente des allergies alimentaires. Elle toucherait 2 à 3% des enfants de moins d'un an, mais reste sous diagnostiquée. Elle survient dès la naissance ou au moment du sevrage du lait maternel. C’est exactement ce qui s’est passé avec le petit Wassim. Sa maman raconte : «Quand mon fils a eu deux mois, je n’avais pas assez de lait pour continuer à l’allaiter au sein, j’étais forcée de lui donner le biberon, alors il a commencé à faire des diarrhées jusqu’à 10 selles par jour, au début je ne comprenais pas et je n’ai pas fait le lien, même le pédiatre n’y a pas pensé d’emblée.» Elle continua à lui donner le biberon et lutter contre la déshydratation par les SRO (sels de réhydratation orale) en pensant que c’est une gastro-entérite qui va rentrer dans l’ordre, mais devant la persistance des symptômes, elle décida de l’emmener à l’hôpital et c’est là que les médecins ont évoqué le diagnostic d’allergie aux protéines de lait de vache. La mère a été hospitalisée avec son bébé le jour même, et à sa grande surprise on lui annonce qu’il y a une rupture de stock du lait que son enfant doit prendre, le «Pepti junior» car il fallait immédiatement arrêter tout apport de lait de vache. «Ils ont mis mon enfant sous perfusion de sérum et ils m’ont demandé de trouver une personne qui vienne de l’étranger pour me procurer des boites de ce lait», raconte-t-elle. Après deux jours d’hospitalisation, le bébé n’arrêtait pas de pleurer, il avait trop faim. Quant à son père, il a passé ces deux journées entières à l’aéroport dans l’espoir de pouvoir convaincre une hôtesse de l’air pour lui acheter ce lait en France ou ailleurs dans les plus brefs délais. Les parents ont trouvé une solution temporaire, une cousine à la maman qui avait un enfant du même âge leur a proposé d’allaiter leur enfant et de donner au sien le biberon en attendant de pouvoir lui débrouiller le Pepti junior. C’est réglé pour cet enfant certes, mais qu’en est-il des autres malades dans la même situation ? Comment peut-on tolérer que des choses pareilles puissent arriver ?
L.B.
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